La « Comfort Food » à la Bourbonnaise : Quand le Terroir panse les âmes

On entend ce terme partout sur les réseaux sociaux : la « Comfort Food ». Souvent illustrée par des macaronis au fromage industriels, des burgers dégoulinants ou des pots de glace dévorés à la petite cuillère devant une série télé. Mais si on grattait un peu sous cette couche de marketing anglo-saxon ?

Ici, dans l’Allier, nous n’avons pas attendu qu’un hashtag devienne tendance pour comprendre que manger est avant tout une affaire d’émotion. Mais notre réconfort à nous a une autre saveur : celle de la crème fraîche épaisse, de la pâte brisée dorée et des mijotés qui embaument la maison dès 10 heures du matin.

Le Pâté aux Pommes de Terre : Notre antidépresseur naturel

Si je devais définir la comfort food à un étranger qui débarque à Moulins ou à Montluçon, je ne lui ferais pas un discours. Je lui servirais une part de Pâté aux Pommes de Terre.

Pourquoi ? Parce que ce plat coche toutes les cases psychologiques du réconfort, mais avec la noblesse du terroir en plus :

  1. L’accessibilité : Des pommes de terre, de la crème, de la pâte. C’est la cuisine du pauvre devenue la richesse de tous.
  2. La chaleur : C’est un plat qui réchauffe le corps après une journée dans le bocage.
  3. Le partage : On ne fait pas un pâté pour soi tout seul. C’est un plat de tribu.

La dimension politique du réconfort

C’est là que notre vision du terroir s’oppose à la comfort food mondialisée. La version industrielle est conçue par des ingénieurs agroalimentaires pour leurrer notre cerveau avec du sucre et des additifs. C’est un réconfort éphémère qui laisse souvent place à la culpabilité.

À l’inverse, la Pompe aux Grattons ou une Potée Auvergnate tirent leur pouvoir réconfortant de la vérité du produit.

  • Le gras ? Il vient d’un porc élevé localement, pas d’une huile de palme hydrogénée.
  • Le goût ? Il est le fruit du temps (la levée de la pâte, le mijotage), pas des exhausteurs de goût.

Manger une « Comfort Food » de terroir, c’est un acte militant. C’est choisir de se faire du bien tout en soutenant l’éleveur de Charolais du coin plutôt que la multinationale de l’agroalimentaire. C’est soigner son moral sans trahir ses convictions agricoles.

Et vous, quel est votre « Doudou » gastronomique ?

La comfort food, c’est finalement la nostalgie comestible. Pour moi, c’est l’odeur de la crème qui réduit doucement. Pour d’autres, ce sera le piquant d’une moutarde de Charroux sur une viande froide.

Et vous, quel est le plat de notre région (ou d’ailleurs) qui vous sert de refuge quand le moral baisse ?


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