En tant que blogueur passionné par la cuisine raffinée et cosmopolite, je m’appelle Simon-Honoré Machnienwski, et ce que j’ai nommé la « Culinothérapie » est bien plus qu’une simple philosophie culinaire ; c’est le récit de ma propre reconstruction. Mon parcours, comme je l’ai déjà partagé, a été semé d’embûches, marqué par une dépression sévère et une hospitalisation. J’ai dû réapprendre à reprendre goût aux choses simples de la vie.
La cuisine s’est avérée être, pour moi, la meilleure psychothérapie dont j’avais désespérément besoin, me permettant de reprendre plaisir et confiance en moi par l’acte le plus fondamental et le plus humain qui soit. J’ai réévalué la joie des plaisirs simples, en réapprenant à prendre goût pour des saveurs et des odeurs ainsi que pour le plaisir de mes papilles et de mon estomac, ainsi que de ceux de mes convives.
À travers ce blog, mon ambition est claire : partager mon chemin de rétablissement tout en me plaçant au service du monde agricole Français et aux traditions culinaires du monde. Pour moi, la Culinothérapie est intrinsèquement liée à une pratique culinaire réfléchie et responsable.
I. La Cuisine comme Ancrage Personnel et Restauration de Soi
Mon voyage à travers la Culinothérapie m’a appris que la cuisine est un outil puissant de guérison car elle offre une structure et un ancrage sensoriel essentiel pour reprendre le contrôle.
1.1. Le Retour aux Sens et la Reconquête de la Confiance
Lorsque j’ai commencé à cuisiner de nouveau, il s’agissait de reprendre goût aux choses simples de la vie de tous les jours. La préparation d’un plat sollicite tous les sens et permet de réveiller mes papilles gustatives endormies.
Je me suis lancé dans l’exploration de recettes variées, allant des classiques comme le Bœuf Bourguignon aux plats cosmopolites tels que le Kedgeree, une recette indo-britannique souvent dégustée au petit-déjeuner. J’ai découvert la satisfaction qu’apporte la maîtrise technique, que ce soit en suivant rigoureusement les étapes pour une pâte réussie (pâte à chou, pâte à génoise, pâte brisée sucrée) ou en réussissant un plat plus délicat.
J’ai trouvé dans la réalisation de plats comme le Soufflé une véritable métaphore du rétablissement. Ce plat exige de la précision—la préparation de la béchamel, l’incorporation délicate des blancs en neige, et surtout, ne jamais ouvrir la porte du four pendant les 30 minutes de cuisson pour éviter les courants d’air. La réussite de ces étapes complexes a contribué directement à la restauration de ma confiance en moi. Mon index culinaire témoigne de cette curiosité éclectique, avec des découvertes allant des Achards de citron de Madagascar et des Baklawas de Turquie aux Pastéis de nata du Portugal et aux recettes historiques britanniques comme les Biscuits au fromage de la Reine Mary ou le Bouillon de volaille de la reine Camilla, toutes célébrant cette cuisine cosmopolite qui m’a nourri et inspiré.
II. L’Engagement du Terroir : Ma Pratique Culinaire Réfléchie et Responsable
Ma guérison personnelle m’a conduit à une prise de conscience : le bien-être individuel passe par une pratique culinaire responsable. Cela signifie pour moi défendre le patrimoine alimentaire et soutenir ceux qui le font vivre.
2.1. Ma Défense Fervente des Indications Géographiques (IG)
Je suis profondément convaincu que le choix des produits du terroir, protégés par les Indications Géographiques (IG) et les Appellations d’Origine Protégée (AOP), est un devoir. Ces labels sont essentiels car ils désignent des produits dont la qualité est liée à leur origine géographique.
Pour moi, les IG agissent comme des « dispositifs de confiance » pour nous, les consommateurs. Je sais bien que le foisonnement des labels peut être source de confusion et que les polémiques médiatisées sur de possibles dérives engendrent le scepticisme et la méfiance. Mais les IG offrent une garantie officielle que je m’efforce de promouvoir. C’est pourquoi l’Union européenne œuvre pour étendre leur reconnaissance et leur protection à l’échelle mondiale, afin d’exclure les risques d’usurpation – bien que je sois eurosceptique et défenseur du Frexit dans l’Union Européenne.
Je suis fier que des produits français de prestige soient protégés de cette manière. L’Accord de Partenariat Économique (APE) avec le Japon (JEFTA), par exemple, assure la protection de nos appellations. Je pense notamment à des produits que j’affectionne, tels que l’Époisses de Bourgogne, le Mont d’Or et la Raclette de Savoie, sans oublier des appellations viticoles comme le Chablis et le Cassis en autres.
2.2. L’Impact Vertueux du Terroir sur l’Économie et l’Environnement
Mon engagement envers le terroir est renforcé par les preuves scientifiques. Des études menées par l’INRAE, en partenariat avec l’INAO, ont démontré de manière chiffrée que la protection des IG est un véritable « moteur de valeur ajoutée et de maintien de l’emploi local ».
J’ai appris que l’intensification et la diversification des produits sous indication géographique entraînent des effets bénéfiques mesurables :
- Revenu et Emploi : Une augmentation de 10 % de la part des exploitations sous IG dans un canton est associée à une augmentation moyenne de 1,3 % du profit par unité de travail non salariée, et à 0,5 % d’emplois agricoles supplémentaires. Chaque produit IG additionnel représente un gain moyen de 0,6 % sur le revenu agricole.
- Protection de l’Environnement : La montée en puissance des IG s’accompagne d’une baisse marquée de la pression de l’agriculture sur l’environnement, se manifestant par une plus faible concentration des pesticides dans l’eau, une plus grande diversité paysagère et une meilleure préservation des prairies permanentes.
Pour moi, soutenir les signes d’origine n’est pas qu’une affaire de goût ; c’est une stratégie gagnante pour un système alimentaire plus juste et plus respectueux de l’environnement.
2.3. L’Impératif Éthique : Le Choix de Sourcing Conscient (L’exemple du Sel)
Cuisiner de manière responsable implique de faire des choix éclairés. L’exemple de la production de sel est particulièrement révélateur de l’impact de nos décisions de consommation.
Je trouve choquant de savoir que près de 90 % du sel consommé en Europe provient de mines et d’exploitations industrielles. Ces méthodes ont un « coût écologique et social considérable ». Elles impliquent la destruction d’écosystèmes uniques par le forage, la pollution atmosphérique due à l’utilisation d’explosifs, et l’appauvrissement du produit final par le raffinage et l’ajout d’anti-agglomérants.
C’est pourquoi je privilégie le sel de Guérande, récolté à la main de manière artisanale sur argile et sans aucun traitement industriel. Ce sel est 100 % naturel et durable. Son exploitation, par évaporation naturelle, contribue à « préserver nos écosystèmes uniques » et à « protéger nos paysages naturels ».
Je veux que mes lecteurs comprennent que « notre consommation a un impact direct sur notre planète ». Choisir l’artisanat et le naturel, c’est assumer cette « responsabilité collective ».
III. La Cuisine comme Acte Social et d’Inclusion : Mon Expérience à L’Instant Gourm’hand
L’essence de la Culinothérapie réside dans le partage. J’ai eu l’immense plaisir de visiter le restaurant L’Instant Gourm’hand à Moulins, une « étape engagée et inclusive » qui m’a profondément marqué.
3.1. Le Triomphe de la Bienveillance
Ce restaurant est « atypique » pour une raison magnifique : ses équipes sont composées de personnes en situation de handicap issues d’un Établissement et service d’aide par le travail (ESAT). Pour moi, ce lieu est une preuve vivante que la cuisine est un levier d’insertion et de confiance. J’ai été frappé par l’accueil chaleureux et convivial.
J’ai noté que les serveuses, bien qu’elles semblaient peu sûres de ce qu’elles faisaient lors de leur premier service, étaient prévenantes et leur attitude chaleureuse a largement compensé. Comme je le dis toujours, c’est en forgeant que l’on devient forgeron.
Mon repas fut un enchantement, du Saumon gravlax et Pomme à l’aneth au surprenant Suprême de volaille sauce au thym et gnocchi de patate douce. Mais c’est le dessert, la Crème brûlée à l’hibiscus, qui fut une découverte déconcertante et florale.
3.2. L’Acceptation des Imprévus
C’est précisément au moment du dessert qu’un petit « bug de service » est survenu, la serveuse tentant de servir ma crème brûlée à un autre client. J’ai trouvé la situation amusante, et nous en avons ri à distance.
J’insiste sur ce point : face à du personnel qui n’est pas du métier et qui est en situation de handicap, il est impératif de faire preuve de « flexibilité et de bienveillance ». Le personnel doit « prendre confiance en ce qu’ils et elles font ».
Mon évaluation, une note parfaite de 15/15, n’est pas seulement due à la qualité soignée des plats, mais surtout à l’esprit « merveilleusement atypique et prévenant » de l’équipe. Je vous exhorte tous à presser de réserver votre table à L’Instant Gourm’Hand pour soutenir cette initiative.
IV. La Résilience du Goût : Culinothérapie face à la Mondialisation
La Culinothérapie, en célébrant les traditions, doit aussi observer comment l’identité culinaire française résiste et s’adapte aux forces globales. J’ai longuement analysé le cas de McDonald’s en France.
4.1. L’Affrontement et l’Impératif d’Ancrage
Historiquement, l’implantation de McDonald’s en France a été perçue comme un symbole de la mondialisation qui fait peur. L’affaire José Bové en 1999 a transformé les agriculteurs en « héros en lutte contre la globalisation », et l’enseigne a été critiquée pour l’excès d’industrialisation et la dénaturation de nos standards culinaires (viande hachée trop cuite, pain non traditionnel).
Cette crise culturelle a imposé à McDonald’s une « glocalisation profonde ». L’entreprise a dû prouver son engagement envers notre économie.
4.2. La Victoire du Terroir Français
Le triomphe de la marque américaine sur notre territoire repose sur une stratégie d’ancrage indéniable : 75% des matières premières agricoles qu’ils utilisent proviennent du territoire français. Ce soutien à près de 28 000 agriculteurs français a permis de neutraliser la critique en transformant McDonald’s en un « partenaire économique majeur ».
J’ai noté que l’exigence de qualité française a forcé l’enseigne à s’adapter en profondeur, notamment en utilisant 100% de farine de blé Label Rouge pour ses pains et 100% de filets de poulet français pour ses McNuggets™.
De plus, l’expérience client a été repensée pour respecter notre sacro-saint rituel du repas. L’introduction du service à table, malgré la rapidité de la commande aux bornes, a permis de dissocier la rapidité de la transaction de la durée du temps passé à table, rendant l’expérience compatible avec la « convivialité » française. L’enseigne cherche même à s’imposer comme le « nouveau bistrot du coin », étendant son maillage jusqu’aux zones rurales. Cette intégration prouve que le respect des codes sociaux et économiques locaux est la clé de la résilience culturelle.
V. Mon Appel à une Conscience Gourmande
La « Culinothérapie » est pour moi une feuille de route vers le bien-être et la responsabilité. Je suis convaincu que le rôle de la cuisine dans la guérison et le bien-être ne se limite pas à la nutrition, mais englobe une « invitation à célébrer la vie et les moments partagés autour de la table ».
Pour conclure, je souhaite réitérer mes convictions et mes appels à l’action :
- Cultivons le Plaisir des Sens : Ma propre expérience m’a montré que la cuisine est le chemin le plus simple et le plus humain pour restaurer la confiance et le plaisir des sens.
- Défendons nos Normes (Les Clauses Miroirs) : Je soutiens fermement la position du Parlement français, qui exige des « clauses miroirs » et le « respect substantiel des accords de Paris » dans les négociations comme celle de l’accord UE-Mercosur. Je refuse l’idée d’importer des produits qui ne respectent pas les mêmes standards de production que ceux que j’impose à nos agriculteurs, notamment sur l’utilisation des pesticides ou des activateurs de croissance.
- Soyons des Consommateurs Responsables : Faisons des « choix éclairés » en privilégiant les produits dont la traçabilité et l’impact environnemental sont maîtrisés, comme le sel de Guérande, pour soutenir l’agriculture durable et l’emploi local.
- Soutenons l’Inclusion : J’encourage mes lecteurs à soutenir les initiatives sociales, comme L’Instant Gourm’hand, qui montrent que la cuisine est un formidable levier d’insertion et de restauration de la confiance pour les personnes en situation de handicap.
Chaque plat que nous choisissons, préparons et partageons est un pas vers un système alimentaire « plus juste, plus résilient et plus respectueux de l’environnement ». Mon objectif, en tant que « cuisto au tar », est de vous inspirer à lier le plaisir de la table à la conscience de son impact sur le monde.
Laisser un commentaire