
Aujourd’hui, j’avais envie de vous proposer une publication des plus personnelles. Cela fait parfois du bien de se plonger dans autres choses que l’actualité agro-alimentaire, les actualités politiques… J’ai envie de parler avec vous de mes souvenirs culinaires et de tablées.
Il est vrais, que je n’ai pas tant de souvenirs de ces moments à tables, nous recevions par moment mes grand-parents ainsi que mes oncles et ma tante paternel mais bien plus souvent ma grande-tante maternelle. Elle se nommait Berthe Dernocourt née Noel (1927-2013). Et ce fut avec elle, que mes souvenirs sont les plus impérissables qu’il me soit donné d’avoir. Berthe, était une femme de grande valeur, elle était parfois maladroites mais reconnaissant toujours ces tords elle avait cette aptitude que peux de nos jours ont, celle de réformer son comportement pour ne jamais plus commettre la meme erreur une seconde fois.
C’est une de ces femmes, qui à un sacré tempérament et qui suscite le respect et force l’admiration. Et quand vous aurez fini de lire cette publication, vous comprendrez à quel point… Et surtout à quel point je pense sincèrement les qualités que je lui prête.
Un jour, nous étions partis avec nos parents chez Berthe. Elle avait préparé une macédoine de légumes, une salade de tomates et je ne sais plus quels autres plats. Et ma sœur qui avait toujours eu un petit appétit n’avait plus faim et refusait de manger. Elle devait tout au plus avoir 10 ans à l’époque. Et ma tante, qui nous connaissait depuis peu, avait pousser ma petite soeur à finir son assiette pour qu’il n’ait pas de gachis. Il est vrai que Berthe ne s’était pas montrée particulièrement tendre cette fois-là et avait dit “ce sont des manières, tu vas pas me dire que tu n’as déjà plus faim” ou quelque chose dans le genre.
Le repas qu’elle préparait généralement était un repas de dimanche en famille, elle préparait donc une salade de tomate ou une Macédoine de légumes. En plat elle faisait un poulet rôti avec des frites cuites en deux fois à la graisse de boeuf (la meilleure méthode de cuisson à mes yeux, afin d’avoir un croustillant extérieure et un fondant intérieur des plus exquis). En dessert c’était généralement différentes pâtisseries, souvent des millefeuille.
A un moment, ma sœur n’en pouvait plus, se leva et courut aux toilettes et vomit – c’est peu ragoûtant je dois l’admettre. Mais voyant cela, Berthe indiqua qu’elle ne croyait pas que ma sœur avait à ce point un petit estomac pour ne pas pouvoir finir son repas, et que oui elle pensait que c’était des comédies. Berthe s’excusa d’avoir voulu forcer ma sœur à finir son assiette. Plus jamais elle ne fait en sorte de forcer qui que ce soit à terminer son assiette.
Il faut dire que Berthe, avait eu principalement son filleul, son épouse et leurs fils Valentin, qui étaient, le père comme le fils de très bon mangeur. Mère, avait repris contact avec la tante durant l’été 2001 et avait passer un dizaine d’année sans avoir de nouvelles d’elle.

Quelques années plus tard, Berthe est venue une nouvelle fois passer quelques jours à la maison. Mère avait préparé une langue de bœuf un plat que je n’ai jamais su apprécier. D’autres le feraient sûrement mieux que moi, c’est indéniable. La langue de bœuf était accompagnée de frites ainsi qu’une mayonnaise à base d’herbes que mère faisait à chaque fois, c’était l’une des meilleures déclinaison de la mayonnaise maison que j’apprécie le plus.
Il y avait deux règles, la première était surement la plus importante de tous, celle de toujours goûter ce que l’on avait dans son assiette. Quand nous étions invités chez des gens, même si nous n’aimions pas ce qui nous étaient servis, nous devions manger notre assiette, et s’il nous était proposé de nous resservir, nous devions alors décliner poliment en prétextant ne plus avoir assez faim pour se resservir.
Ce jours là, je ne me souviens pas de ce que nous avions eu en entrée, et au moment de la langue de bœuf, j’ai fait l’effort de goûter et de me forcer à manger. Mère savait comme tout le monde, que c’est la texture qui m’as toujours fait horreur. Et à moment, ayant assez de me forcer à manger à contre coeur, je dis à mère que je ne voulais plus manger. Mon père se mit en colère et dit que je devais sortir de table et que je n’aurais pas de dessert.
Dans mes souvenirs, il me semble que Berthe appréciait les religieuses mais tout particulièrement les Paris-Brest et quand elle nous recevait; quand elle choisissait des éclairs aux chocolats elle se prenait un Paris-Brest.
Je suis donc sorti de table pour aller dans le salon. C’était un salon salle à manger l’ensemble ouvert et formant un grand L; avec la cuisine cela donnait un grand carré dont un pan de mur séparait la cuisine avec la salle à manger. Et le moment de dessert arrivat, mère servis sa tante et mon ainé ainsi que ma petite soeur. Elle servit mon père et avant de se servir, elle demanda: Puis-je lui en donner un peu? Mon père refusa d’emblé, en lui disant: S’il à faim pour manger de la glace, il aura faim pour terminer sa langue de bœuf et après il aura faim pour sa glace.
Pour être franc avec vous, ce souvenir est impérissable et semble tellement irréelle d’une certaine manière. Aucune femme s’était opposé à mon père en ma faveur, et ce jour-là ce fut Berthe, ma grande-tante qui fut l’exception qui confirmait la règle. Elle se leva, et dit: Il à fait l’effort de goûter son assiette, même s’il n’a pas aimé il as fait l’effort. Ont ne prive pas un enfant de dessert et certainement pas de glace! Elle prit son assiette et la posa sur la table basse, interloquée je la regarda, et elle me dit: Mange, et tais-toi si ton père à quelque chose à dire, qu’il vienne me le dire en face, j’attends! Elle retourna à sa place me regardant manger faibrillement sa part qui était devenue mienne, et mère s’en alla chercher une de ces assiettes roses transparente et en recoupa faibrillement une autre part pour sa tante avant de s’en servir un morceau.

Il n’eut pas eu un mot de prononcé de tout le dessert, je ne me souviens pas que mère ait proposé un autre morceau de glace à qui que ce soit ce jours là.
Pour tout vous dire, je ne sais quoi ajouter de plus pour lui faire hommage, outre le fait que c’était une sacrée femme avec un tempérament bien trempée. Mais elle était d’une justice que peut de personne peut manifester dans sa vie, peut-être était-ce son expression de la chrétienté qu’elle avait. En tous les cas, il m’est impossible de dire qu’elle ne s’était jamais montrée juste envers moi, elle ne faisait jamais exception de moi. Quand elle faisait un truc pour mon aîné ou ma petite sœur, elle le faisait également pour moi car elle estimait que je n’étais pas différent des autres. Et elle a fait, toujours autant pour moi que pour les autres.
Il n’y à pas beaucoup de femme pour qui, je puisse ressentir un profonds respect et une gratitude sans failles. Mais Berthe Dernoncourt née Noël était l’une des rares femmes, qui même 13 ans après nous avoir quittée, est encore un modèle de justice, de compassion et d’amour envers son prochain et tout particulièrement avec les enfants.
Aujourd’hui, j’aimerai qu’elle puisse nous enseigner ces qualités et sa patience à toute épreuves malgré les difficultés qu’elle à pu connaître ici-bas; et pour ma part je fais de mon mieux à me montrer chaleureux et amicale envers les enfants qu’il m’est donné de croiser à l’église car parfois, il suffit d’un geste, d’une attention toute particulière sans calculs pour laisser un souvenir impérissable qui réconforte encore des années après.
Merci à toi, tante Berthe d’avoir était un modèle de patience, d’amour et de justice pour l’enfant que j’étais et puisses-tu reposer en paix avec Honoré.
Culinairement vôtre,
Simon-Honoré Machnienwski.

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