Culinothérapie, Terroir & Résilience | Partie 5: la Culinothérapie

  1. La dépression et l’anxiété enferment souvent dans la rumination du passé ou l’angoisse de l’avenir. Or, cuisiner – éplucher, tailler, surveiller une cuisson, écouter le crépitement d’une poêle – exige une concentration totale sur le moment présent. La pratique culinaire a-t-elle agi pour vous comme une forme de méditation, un moyen concret de faire taire ce flux de pensées intempestif que vous évoquiez ?

Ce n’est pas réellement une méditation, parce que le flux de pensées reste présent, c’est indéniable. Mais que vous suivez ou non une recette préétablie, le fait de s’occuper les mains avec des produits de qualités, à surveiller, éplucher, tailler font que vous êtes mécaniquement moins disponible aux pensées.

Le travail manuel, quel qu’il soit, est un remède en faveur de la santé mentale, en tous les cas, en ce qui concerne les dépressions et crises d’angoisses. Rien ne s’efface, mais ça diminue et parfois c’est justement paisible de cuisiner dans le calme ou avec un fond de musique.

Pour moi, cuisiner dans son ensemble, éplucher, tailler, surveiller la cuisson, goûter et ajuster me permet de créer un espace paisible. Un espace où mes flux de pensées ne sont plus aussi présents et ne sont pas là à marteler des choses souvent fausses dans ma tête. Cela me permet d’être plus sereins et tranquilles.

  1. Vous avez traversé des périodes où la destruction, y compris de vous-même, semblait être la seule issue. La cuisine, c’est l’acte fondamentalement inverse : on assemble, on crée, on nourrit. Quel effet cela fait-il, intimement, de passer d’un désir d’autodestruction à cet acte d’auto-préservation aussi puissant que le fait de se préparer un bon repas ?

Avant toutes choses, avoir un estomac bien rempli fait souvent la différence. Cela permet d’être moins buté, plus enclin à la tempérance et d’une certaine manière paisible. La malbouffe, vous aurez faim très vite après, vous ne serez pas réellement satisfait. Puis, devoir prendre le temps de cuisiner des plats plus ou moins long, devoir préparer les différents produits qui sont nécessaires c’est un peu un jeu d’alchimiste, et se reconstruire malgré les blessures psychologiques et parfois physiques et reprendre goût à la vie me semble être un jeu identique.

  1. Une recette, même quand on l’improvise, repose sur des réactions chimiques, des températures, des étapes logiques. Ce côté méthodique et structuré de la gastronomie vous a-t-il apporté un cadre rassurant face au chaos et à l’instabilité des années d’errance ?

Il me semble pouvoir dire, que le fait de cuisiner, devoir réaliser certains gestes apporte une structure que l’esprit n’as pas forcément. Bon ce n’est pas la structure qui va faire que vous ne ratiez pas un plat. Mais la patience est mère d’évolution, la patience vous permet d’apprendre parfois en autodidacte des gens qui manquent. Improviser une recette démontre une structure créatrice. Cela me fait même du bien de me dire que je suis capable d’improviser une recette et que cela soit absolument bon…

  1. La maladie mentale et l’injonction au silence isolent profondément. Vous avez évoqué la joie de voir vos invités apprécier ce que vous leur prépariez. Le fait de partager un plat que vous avez conçu a-t-il été la clef pour réapprendre à aller vers les autres et à recréer un lien social apaisé ?

Il est rare que je cuisine pour d’autres personnes, mais cela réchauffe le cœur de savoir qu’ils peuvent prendre plaisir à manger ce que vous avez préparé. Pour le moment, le fait de cuisiner pour d’autres me permet de pouvoir ressentir de la fierté dans l’exécution de l’ouvrage et que les gens ont pris clairement plaisir à y goûter. Peut-être qu’un jour viendra ou cela m’aidera réapprendre à aller vers les autres et créer des liens sociaux plus apaisés. Mais chaque chose en son temps.

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La gastronomie française exige une éthique rigoureuse, de l'élevage jusqu'à l'abattage. Pourtant, l'abattage rituel sans étourdissement inflige une souffrance inutile aux animaux, contraire aux exigences de dignité. En tant qu'amoureux de nos terroirs, je refuse cette pratique. J'ai déposé une pétition à l'Assemblée nationale pour rendre l'étourdissement systématique.

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