Culinothérapie, Terroir & Résilience | Partie 2 : Le parcours de soin et la reconstruction

  1. Après le point de rupture de 2014, comment s’est amorcé votre parcours de soin ? Quelles ont été les étapes clés ou les rencontres décisives qui vous ont aidé à remonter la pente ?

En premier lieu, j’ai passé une dizaine de jours en hôpital de jours ou le suivais n’était pas vraiment une chose marquante. Un psychiatre m’a un jour proposé une place dans un hôpital psychiatrique où selon lui je recevrais de l’aide de médecins formés spécialement et de médicaments. Si l’on m’avait, à l’époque, expliqué les médicaments que je recevrais et leurs effets. Vous pouvez me croire j’aurais décliné ce genre d’aide. Matin, midi et soir nous avons administré un tiers de bouchon pour la toux, contenant du lithium pâteux et orange. Quelque chose qui vous gazait littéralement jusqu’au prochain repas avant d’en remettre une couche. 

Il y a un jour, j’étais en train de colmater assis sur mon lit d’hôpital… J’en garderais un souvenir toute  ma vie, et pourtant j’en ai que très peu de l’époque. J’étais assis-là, à me balancer d’avant en arrière devant moi, un peu décalé sur la droite il y avait une fenêtre qui donnait sur une grande haie qui faisait le tour de l’encente de l’hôpital psychiatrique.

Et c’est quelque peu étrange, c’est comme si on m’avait saisi la tête, et que l’on m’avait dirigée par les épaules pour me rendre au bureau des infirmiers. J’ai dit qu’il fallait prévenir mes parents pour qu’ils sachent où j’étais. L’infirmier me demanda si je connaissais le numéro de mes parents par coeur, et c’était un truc que père nous avait appris: apprenez par coeur le numéro de téléphone fixe et votre numéro de sécurité sociale s’il vous arrivés quelques chose et que vous n’avez plus d’affaires avec vous cela sera toujours utile.

Je répondis à l’infirmier que j’étais sûr à 75% de le connaître par cœur, je lui donnais ça sonne dans le vide. Il répond, tu t’es trompé puis ca à décrocher et c’était le bon numéro de téléphone que j’avais donné. Père décrocha le premier puis le tendis, selon ce qui s’est raconté par la suite à mère qui s’opposa à la continuité de ce traitement. Selon elle j’étais pas fou, juste besoin d’aide.

  1. Vous mentionnez avoir stoppé net votre consommation le 10 mars 2026 grâce à un départ sur un coup de tête pour vous éloigner de vos anciennes fréquentations. Dans quelle mesure cette rupture géographique radicale, et votre installation à Dunkerque, étaient-elles la condition incontournable pour vous sevrer et reprendre définitivement le contrôle de votre vie ?

Il faut dire que je savais que je n’avais pas ma place dans le département de l’Allier; je n’ai jamais réussi à m’insérer socialement et professionnellement. Plus je passais de temps là-bas , plus les gens me dégoûtaient magistralement. Je gardais quelques fréquentations par nécessité et non pas par plaisir d’être en contact avec eux. Puis le fait d’être parti, cela m’a coupé de tous les contacts que je pouvais avoir pour m’acheter de la drogue.

Ce n’est pas tous les jours simples, il y à des moments où j’ai envie de consommer mais n’ayant pas de contact ici, les choses sont plus facile. Parfois c’est des pics d’envie mais au final, j’arrive à penser à autre chose, notamment grâce au site La Cuisine de Terroir, car cela me demande une capacité de concentration et d’être focalisé sur ce que je fais.

  1. La reconstruction psychologique est souvent un chemin long et sinueux. Quels ont été vos principaux ancrages pour retrouver une stabilité au quotidien durant ces années de thérapie et de convalescence ?

Pendant des années je n’avais pas d’ancrage, en octobre 2014, nous avons déménagé un mois après j’ai préféré aller à l’hôpital psy car j’avais de nouveau des idées noires. J’ai eu des traitements qui, franchement, ne me faisaient pas trop de différence… Un psychiatre disait que je simulais… Alors que le tout premier en auvergne avait sut mettre les mots sur mon mal être. Je sortis définitivement en juin 2015, et prétextant que cela serait mieux pour moi d’avoir un travail et de faire les suivis mon père me déposa au 115 au mois de juillet. Au mois d’août ne supportant plus la situation je suis allé un mois dans un squat à Bézier à côté de la gare; et je suis rentré courant septembre. j’ai vite fait était à la rue avant d’avoir une place dans un FJT à Moulins dans le département de l’Allier.

Cela fut compliqué pour moi de trouver un quelconque équilibre, santé mentale compliqué avec des suivis avec une psychologue qui servaient pas à grand chose. Et je ne parles pas de l’aspect socio-professionnel qui ne servait à rien, quoi que je faisait rien ne fonctionnait; pendant des années j’ai abandonné l’idée de s’insérer socialement et professionnellement. Puis sont apparus les problèmes liés aux comportements d’addiction. Et je risquerait de me faire mal voir d’un bon nombre d’individus, mais heureusement que j’avais ma résine de cannabis pendant des années, parce que les psychologues, les traitements médicamenteux ne m’ont jamais fait de bien. Ce qui m’évitait les crises d’angoisses, c’était de fumer mon joint. Et autant dire les choses, j’ai consommé jusqu’en mars 2026 parce que j’ai tout quitté d’un coups de tête pour partir loin de ce département et de mes fréquentations, sans quoi je ne pourrais pas y parvenir.

Depuis le 10 mars 2026 il n’y a pas de nouvelles consommations de produits illicites; et par ce que je sais que parfois pour certains c’est un mal nécessaire il m’est impossible de juger les consommateurs de résine de cannabis ou de majijuana.

  1. Pendant ces longues années d’instabilité, marquées par l’errance, les foyers et les traitements inadaptés, y a-t-il eu une passion, un objet, ou même une simple pensée récurrente qui vous a servi de bouée de sauvetage avant même que la cuisine ne prenne cette place ?

Il n’y avait pas beaucoup de choses qui m’ont fait du bien pendant des années. Je suis croyant, d’origine catholique. Peu importe la religion chrétienne que je fréquentais, la foi ne m’as jamais réellement aidé à m’accrocher. D’autres vous diront que la fois les as sauvés, qu’elle à changé leurs vies… Mais pour moi cela n’est pas la vérité. Pour vous donner un peu de contexte, je prie pour moi avec sincérité, en croyant obtenir ce que je demande mais rien ne se passe. 

En revanche, je prie avec la même sincérité, croyant obtenir ce que je demande, alors les choses se passent comme je l’avais demandé. Une connaissance me disait il y à environ un an, que si j’obtenais des choses par la prière pour les autres, et pas pour moi c’était parce que je désire sincèrement et du plus profonds de mon coeur les obtenirs pour les gens mais que je n’ai pas cette même volonté, ce même désir. D’une certaine manière, même si je reste dubitatif, cela fait sens.

  1. L’errance entre le 115, les squats et les foyers détruit généralement tout repère. Durant ces années où la société semblait incapable de vous proposer un suivi adapté, que ce soit sur le plan psychologique ou professionnel, à quoi vous raccrochiez-vous concrètement au quotidien pour ne pas sombrer définitivement ?

Franchement, ce sera compliqué de répondre à cette question. A l’époque où il eut le 115 et le squat puis le foyer de jeune travailleur c’était surtout la volonté de ne plus jamais retourner en psychiatrie qui m’as aider à m’accrocher. Pas que j’avais quelque chose qui me retenait de sombrer, non, tout faisait pour que je sombre.

Mais parfois, il faut juste serrer des dents, essayer d’avancer pas à pas même si cela peut se révéler compliqué et dur.

Cette analyse vous intéresse pour votre structure ?

Si vous êtes une fédération, un syndicat, une coopérative ou un média, la loi vous interdit de copier-coller ce contenu. Cependant, La Cuisine de Terroir vous propose une prestation spécifique de Cession d’Exploitation.

Obtenez le droit légal de diffuser cette analyse sur votre propre site internet, vos newsletters ou de l’utiliser en interne pour vos équipes (usage non commercial, durée de 3 ans).

👉 Réserver un appel de 15 minutes pour obtenir votre devis de cession

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Pour une éthique du vivant : signez la pétition pour l'interdiction de l'abattage sans étourdissement

La gastronomie française exige une éthique rigoureuse, de l'élevage jusqu'à l'abattage. Pourtant, l'abattage rituel sans étourdissement inflige une souffrance inutile aux animaux, contraire aux exigences de dignité. En tant qu'amoureux de nos terroirs, je refuse cette pratique. J'ai déposé une pétition à l'Assemblée nationale pour rendre l'étourdissement systématique.

Votre soutien est la clef pour faire évoluer notre législation et imposer le bien-être animal comme norme absolue. Je vous invite à signer et à relayer massivement cette initiative citoyenne. Chaque voix renforce notre exigence d'humanité.


En savoir plus sur La Cuisine de Terroir

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

En savoir plus sur La Cuisine de Terroir

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture